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Mercredi 3 janvier 2007

STEVENS, Norman. La Bibliothèque tout électronique. BBF, 2006, n°4, p. 42-48 [En ligne] Disponible sur http://bbf.ensib.fr (page consultée le 26 novembre 2006).

 

1. Résumé

Depuis toujours, l'apparition de nouveaux supports a entraîné des changements au sein des bibliothèques : des tablettes d'argiles aux parchemins, puis aux manuscrits, et dernièrement à l'électronique.

L'Université Ezra Beesley (États-Unis) qui doit ouvrir ses portes en 2008 et accueillir 200 000 étudiants à compter de 2012, ambitionne de s'équiper entièrement d'outils informatiques afin de réduire les coûts, notamment pour les étudiants. Ainsi, aucun manuel scolaire ne sera utilisé ce qui devrait permettre de substantielles économies pour les étudiants. C'est dans ce cadre que fut lancée une réflexion sur la bibliothèque du XXI° siècle.

La bibliothèque de l'Université ne contiendra donc aucun document imprimé ce qui devrait rendre sa construction ainsi que son entretien beaucoup moins onéreux qu'une bibliothèque classique. Les services proposés permettront d'accéder à une masse d'information au moins égale à la plupart des grandes bibliothèques universitaires. Le principe retenu est qu'une bibliothèque ne doit s'intéresser qu'aux supports d'information les plus utilisés ce qui limite le nombre de types de supports et donc les coûts qui en découlent.

La volonté d'exclure le papier est allé jusqu'à l'extrême puisqu'il sera strictement interdit d'introduire du papier à l'intérieur de la bibliothèque. Celle-ci ne proposera ni photocopieuse, ni imprimante, ni corbeille à papier, ni même d'adresse postale, ce qui signifie qu'elle ne pourra recevoir de courrier que sous forme électronique. Seuls les organiseurs, les ordinateurs portables ainsi que tout appareil électronique ne requérant pas de papier  seront acceptés. Des fouilles seront appliquées aux entrées du bâtiment, et les documents papiers découverts seront détruits. Ces interdictions devraient inciter les utilisateurs à trouver d'autres moyens pour exploiter les documents qui les intéressent plutôt que d'imprimer systématiquement une quantité importante de pages alors que seule une minorité sera réellement utilisée.

Les ressources proposées seront donc exclusivement électroniques et seront accessible depuis l'intérieur du bâtiment de la bibliothèque, mais également depuis Internet avec gestion des droits d'accès. La bibliothèque prévoit également d'établir  une base de données exhaustive  de toutes les ressources électroniques créées dans sa région depuis le 1er janvier 2001, ceci afin de se spécialiser, comme toute bibliothèque de recherche. Un projet de numérisation sera également mis en œuvre pour les documents créés depuis la date précédente.

L'organisation de la bibliothèque sera également novatrice. En effet, elle sera ouverte 365 jours par an, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. C'est la multiplicité des fournisseurs d'informations qui permettra ce fonctionnement. Les coûts salariaux seront plus faibles que dans toute autre bibliothèque de même niveau puisque de nombreuses tâches traditionnelles (acquisitions, catalogage, conservation, gestion du courrier, etc.) n'auront plus lieu d'être. Il n'y aura plus de personnels administratifs, ni de personnels d'encadrement. Il n'y aura que des personnels polyvalents au sein d'équipes qui se relaieront pour accueillir le public. Les décisions seront prises par l'ensemble du personnel grâce au CCC (Constant Consensus Companion) qui autorise chaque membre du personnel à prendre des décisions au nom de l'institution. Là encore, aucune réunion, ou presque, simplement des documents électroniques réalisés grâce au workflow. Tout cela a pour but de limiter les dépenses et d'accélérer la prise de décision.

Il a été décidé de construire un bâtiment pour la bibliothèque car une institution de ce niveau entièrement virtuel aurait entraînée des problèmes de crédibilité vis-à-vis de certains utilisateurs ou financeurs. Le bâtiment sera achevé en 2009 et sera lui aussi révolutionnaire, tant par son architecture extérieure et son emplacement que par son organisation modulaire qui devrait lui permettre de s'adapter aux futurs besoins.

2. Critique

Cet article est très intéressant car il présente des idées totalement novatrices. Que l'on partage ou non l'avis de l'auteur, il est impossible de rester indifférent.

Pour ma part, je trouve les auteurs de ce projet trop enthousiastes. L'électronique peut effectivement être une solution à de nombreux problèmes, proposer un contenu entièrement numérique est également tout à fait envisageable, ce n'est pas pour autant que le papier doit être dévalorisé. Peut être à l'avenir le papier disparaîtra t-il, mais je n'y crois pas vraiment à cause de la fragilité des supports numériques et des problèmes de formats des données qui changent sans cesse. Même si cela devait se produire, il n'y a aucune raison de "diaboliser" le papier comme les auteurs le font : ils comptent en effet détruire les documents papiers qui seraient trouvés lors des fouilles exécutées aux entrées du bâtiment, ils veulent mettre en place des séchoirs à air chaud à la place du papier (dans un but écologique probablement pour ne pas consommer d'arbres, mais l'énergie requise pour les séchoirs risque d'être bien plus dommageable que l'utilisation du papier). Il est vrai que l'impression de document est un moyen largement utilisé mais qui entraîne beaucoup de gaspillage, mais interdire de prendre des notes sur papier ne me semble pas être une solution.

Ce projet présente également beaucoup de solutions "gadgets", telle l'utilisation de panneaux translucides à l'extérieur du bâtiment avec des images changeantes, pour montrer que les services fournis évoluent sans cesse, telle la possibilité de localiser chaque membre du personnel à tout moment au sein de la bibliothèque par le biais d'un ordinateur, etc.

Deux grands points à retenir de ce projet et qui sont dans la tendance du moment :

  • - Les bibliothécaires n'auraient donc plus qu'un rôle de formation et de conseil auprès du public.
  • - La bibliothèque ne serait pas grande par son fonds, puisque les ressources ne seraient pas présentes en un même lieu, mais par la facilité d'accès à l'information qu'elle proposerait à ses utilisateurs. Elle se rapprocherait donc d'un Internet où la qualité des informations serait contrôlée.
Par Joël - Publié dans : Fiches de lecture
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