CHARTRON, Ghislaine. L’indexation des ressources pédagogiques numériques : questions transversales. Babel. ENSSIB – janvier 2006 [En ligne] Disponible sur http://babel.enssib.fr/document.php?id=158 (page consultée le 15 novembre 2006).
Cet article aborde les spécificités des documents pédagogiques, qui se sont principalement développés avec l’enseignement à distance, par rapport aux documents numériques en général. Les réflexions propres à l’indexation sont ensuite abordées.
Comme pour tout document numérique, le premier problème qui se pose est celui de son identification par rapport à un autre document. En effet, il n’existe pas actuellement de numéro standard international permettant d’identifier un document unique comme l’ISBN pour les monographies. Néanmoins, les éditeurs scientifiques ont mis en place une norme qui s’en rapproche : le DOI (Digital Object Identifier) a été créé pour s’assurer du respect des droits de la propriété intellectuelle des documents.
Deuxième problème, la gestion des métadonnées. Comme précédemment, il n’existe pas de norme universelle. En revanche il en existe de nombreuses, plus ou moins spécialisées. Ainsi, sont disponibles pour les documents pédagogiques :
· Le Dublin Core DC Education, qui est issu de l’initiative des archives ouvertes ;
·
· Le format MARC, issu des normes de catalogage des bibliothèques.
La question qui se pose donc, est donc de savoir si l’un de ces formats convient mieux qu’un autre et si des modifications doivent ou non y être apportées.
Concernant l’échange de ce type document, l’auteur retient l’exemple de l’OAI (Open Archive Initiative) comme étant une bonne solution. En effet, l’objectif de l’OAI est de proposer des protocoles d’échanges standardisés principalement basés sur les normes Dublin Core afin de faciliter l’accès aux documents à partir d’une seule interface d’accès.
Enfin, dernière similitude avec les documents numériques en général : la structuration du contenu. Ici aussi des normes existent, mais il faut en trouver une qui puisse correspondre au type de document souhaité ou en créer ou en adapter une. C’est cet aspect qui pourrait poser le plus de difficultés pour sa mise en œuvre car il s’agit d’imposer aux auteurs de documents pédagogiques de respecter une mise en forme normalisée au détriment de leurs habitudes.
Concernant l’indexation des documents pédagogiques proprement dite, il existe presque autant de pratiques que de contextes pédagogiques (niveau, méthodes, évaluations) et techniques (plates-formes, formats, liens avec des objets). Il s’agit non seulement de décrire le contenu intellectuel des documents, mais aussi leur contenu technique. En effet, il ne suffit pas de trouver le document désiré, il est également indispensable de disposer de logiciels à même de les ouvrir pour les exploiter.
Il existe trois formes d’indexation. La première est destinée aux futurs usagers du document. Il s’agit donc de faciliter la recherche, et pour ce faire, il faut s’adapter au(x) public(s) visé(s) dans le choix des méthodes d’indexation. Il s’agit ici de métadonnées dont les bibliothèques et autres centres de documentation sont coutumiers.
La seconde forme d’indexation est destinée aux concepteurs qui recourent à des documents numériques pour en créer d’autres en fonction de leurs besoins ou tout simplement pour les utiliser directement. Dans ce cas, c’est à l’auteur que revient la tâche de définir quels sont les objectifs de son document et le contexte d’emploi pour lequel il a été créé.
Enfin, la dernière forme d’indexation permet de gérer le cycle de vie des documents numériques (gestion des droits d’accès, numéro de version et exemplaire du document, etc.). Ce sont principalement les cellules TICE (Technologie de l’information et de la communication de l’enseignement) qui sont responsables du renseignement de ce type d’information.
Au-delà de ces problèmes techniques s’ajoutent des questions plus sociales. En effet, il est rare qu’un enseignant utilise les cours d’un autre pour créer le sien. Les documents sont produits à l’intérieur des structures sans recourir aux ressources extérieures. Quand aux métadonnées renseignées, elles semblent être limitées principalement à celles recommandées par la norme Dublin Core.
Ce document met bien en évidence les difficultés actuelles pour mettre en place une normalisation des documents numériques. Le DOI est un numéro unique, propre au document, qui pourrait tout à fait devenir la référence pour les documents numériques. Il suffirait que son utilisation se généralise puisqu'il n'existe pas de frein technique à sa mise en œuvre.
Concernant les métadonnées, l'auteur présente plusieurs normes existantes mais il semblerait que le Dublin Core s'impose de lui-même pour deux raisons. La première est que, pour des documents numériques pédagogiques, dans la grande majorité des cas, seules les rubriques correspondant au Dublin Core sont renseignées. Dans ce cas il est donc inutile de développer de nouvelles normes. Deuxièmement, l'auteur explique que le protocole d'échange OAI est le plus à même de permettre la diffusion des documents. Autrement dit, là encore il est nécessaire d'utiliser Dublin Core.
L'aspect social ou culturel du problème de l'indexation des documents pédagogiques numériques est bien mis en évidence dans cet article. En effet, on constate que les freins les plus importants à ce projet ne sont pas techniques mais humains. Ce qu'il conviendrait de faire avant toute chose, serait de bien définir les objectifs de cette indexation. L'auteur nous présente trois utilisations souhaitables d'indexation. Hors, toujours selon ses dires, il semblerait que les auteurs de ce type de document n'utilisent pas les ressources électroniques disponibles. Si tel est bien le cas, pourquoi vouloir compliquer le processus d'indexation en proposant un service à une catégorie d'utilisateur qui n'en veut pas.
Il est possible que tous les freins évoqués précédemment ne soient que temporaires. Une fois les habitudes changées, puisque c'est bien de cela dont il s'agit, les recommandations de l'auteur pourraient tout à fait correspondre aux nouveaux besoins.