JEDRECY, Philippe. La vidéo patrimoniale à la bibliothèque nationale de France : conservation de la collection. Bulletin des bibliothèques de France, 2001, numéro 5, p 54-60.
La collection vidéo patrimoniale de
La conservation de ces documents analogiques est très problématique car leurs supports (VHS principalement) n'ont pas été conçus dans cet objectif.
Les contraintes matérielles et physiques pour la préservation des vidéos analogiques sont très importantes : la température, l’hygrométrie, les chocs éventuels et les salissures doivent être étroitement contrôlés. Mais la dégradation des documents est inéluctable à plus ou moins long terme.
La conservation du contenu des documents analogiques passe obligatoirement par le changement de support à un moment de sa vie. Ce changement de support doit être fait en s’efforçant de limiter au maximum les défauts qui n’existaient pas dans les documents, en revanche, les défauts présents dans les documents originaux lors de leur création doivent être préservés car ils font partie des caractéristiques originelles des documents (il s’agit notamment de défauts liés aux technologies de l’époque de création des documents).
Ce changement de support s’effectue aujourd’hui grâce au numérique, mais cela n’est pas sans contraintes et difficultés. En effet, la numérisation doit être réalisée au moyen de formats de qualité au moins équivalente à celle du document original. S’il est assez facile de trouver un format qui répond à ce besoin, il est cependant bien plus problématique d’en trouver un qui puisse garantir une certaine pérennité. La BnF est donc condamnée à faire évoluer ses documents numériques de formats en formats au fil du temps afin de garantir l’exploitabilité du contenu.
Les documents sont conservés sur deux sites physiques distincts afin de limiter les risques lors d’éventuels incidents majeurs, tels les incendies, inondations ou autres. Un plan d’urgence existe pour tenter de préserver ou restaurer rapidement les documents qui auraient été endommagés lors d’un sinistre.
La communication des documents, qui est l'un des principaux objectifs, nécessite trois types de ressources : premièrement les matériels dédiés à la lecture des documents ; deuxièmement les réseaux qui permettent d'acheminer les "flux audiovisuels" vers les postes de consultation ; enfin les postes de consultation eux-mêmes. L'ensemble de ce système est géré par informatique.
Dans le cadre de la numérisation proprement dite,
La filière de numérisation du système audiovisuel est chargée de la numérisation automatique au format MPEG-2 de la plupart des documents VHS et S-VHS, mais cette automatisation n'est possible qu'au prix de réglages moyens appliqués à l'ensemble des documents ainsi traités. Pour les documents plus complexes ou autres que VHS et S-VHS, c'est le studio vidéo numérique de Marne-la-Vallée qui doit s'en charger.
Enfin, pour que la conservation puisse être assurée dans le temps, un processus de veille documentaire est mis en œuvre concernant les informations traitant du vieillissement des différents supports employés.
Cet article s'intéresse surtout au traitement et à la conservation des documents vidéo analogiques. Cependant, la grande majorité des points abordés sont tout à fait transposable aux documents numériques.
Autant l'évolution très rapide des formats numériques semble bien exposée dans l'article, autant la question du support est à peine évoquée. En effet, l'auteur présente le DVD-Rom comme étant le support des vidéos numériques. Cela est vrai aujourd'hui, mais d'autres supports commencent à apparaître (DVD Blue Ray par exemple) et d'autres viendront. Donc à un suivi des formats pour assurer la pérennité des données devront s'ajouter un suivi des supports.
Pour conclure, d'un point de vue purement physique, la préservation des documents numériques demande la plupart des mesures prises pour les documents analogiques (comme le fait de conserver deux exemplaires dans deux lieux distincts afin d'éviter la perte d'un document en cas de sinistre dans l'un des deux lieux).